Philippe TABAROT, Vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes, Chef de file du groupe municipal "Gagner Pour Cannes" est intervenu avec force à deux reprises lors du Conseil municipal du 18 décembre 2009 pour défendre l'intérêt des Cannois à l'occasion de deux délibérations majeures : la nouvelle délégation du Palais des Festivals et le vote du budget 2010.
Retrouvez ces deux interventions...
La nouvelle délégation du Palais des Festivals
Cette délibération numéro 20 est, à n’en pas douter, la plus importante de ce conseil, de cette année voire de cette mandature.
Vous vous apprêtez à déléguer pendant 40 ans la gestion du Palais des Festivals et des Congrès, mais également les plages publiques favre, le bret et macé, 150 jours par an, ainsi que la Villa DOMERGUE, le théâtre Croisette et la salle de l’Amirauté au Palm Beach.
Ceci est particulièrement grave et lourd de conséquences pour le futur. Nous ne contestons pas tant la gestion déléguée en elle-même, mais avant tout la durée de cette concession qui va passer de 10 à 40 ans.
Ceci est, tout d’abord, contraire à l’esprit de la loi Sapin qui tend à réduire la durée des DSP.
De plus, que se passerait-il si le futur exploitant était défaillant ?
Des indemnités de résiliation du futur contrat ramenées à la durée totale de la concession laisseraient peser de très nombreux risques sur le dos des contribuables cannois.
En déléguant le Palais des Festivals pour 40 ans, et en élargissant le périmètre des surfaces utilisées, de très nombreux jours par an, comme pour les rares plages publiques de la Croisette, vous hypothéquez le principal levier économique de notre ville et vous dépossédez les cannois des structures qu’ils ont financé ou qui leur appartiennent.
Qui vous dit que ce ne sera pas une société 100% privée qui remportera cette délégation avec à sa tête un PDG qui deviendra le véritable maire de Cannes ?
Quel devenir pour le personnel de la SEMEC et pour les acteurs économiques cannois dans ce cas d’espèce ?
Et, tout cela, Pourquoi ?
Tout simplement pour financer, le projet pharaonique de 83 millions d’euros de votre adjoint, cette extension souterraine de 8 000 m² à la place du square Reynaldo Hahn.
Un projet dont l’enquête publique a été lancée une fois de plus en catimini entre le 30 novembre et le 30 décembre en pleine fêtes de noël.
Mais une extension pour y mettre qui ?
Vous avez dit Monsieur le Maire lors du précédent conseil que vous n’étiez pas fou, et que la décision sur le projet d’extension ne serait prise que si vous aviez en face des clients pour remplir cette construction.
Vous nous reprochez souvent de critiquer votre action et de ne rien proposer en contre partie, alors voilà notre proposition :
- lancez une délégation d’une durée maximum de 10 à 15 ans
- N’agrandissez pas le périmètre
- Analysez le projet d’extension que nous vous proposerons le 12 janvier prochain avec notre groupe qui coûtera au moins 5 fois moins cher que le vôtre et qui sera utile pour les cannois.
- Instaurez une clause de non-concurrence avec les restaurateurs et les commerçants cannois qui ne supportent plus de voir sous leurs yeux la multiplication des espaces de restauration et de fête dans l’enceinte du Palais.
Enfin, et surtout, consultez une bonne fois pour toutes les cannois par le biais d’un référendum local sur ce sujet crucial qui engage notre avenir politique, économique et social pour les 6 prochains mandats.
LA PRESSE EN PARLE
LE BUDGET 2010 DE LA VILLE DE CANNES
Nous voici donc arriver à ce qui devait être traditionnellement l’acte politique essentiel d’une conseil municipal, le vote du budget, mais la délibération numéro 20 sur le mode de gestion de la future délégation du Palais des festivals sera, à n’en pas douter, la délibération la plus importante de notre conseil car elle engage la ville de Cannes non pas sur une année mais sur les 40 prochaines.
Concernant le budget 2010 et dans la droite ligne de notre intervention au Débat d’Orientation Budgétaire 2010, nous ne le voterons pas.
Pour autant, nous allons commencer par en dire du bien. Sur la partie fonctionnement, dans le contexte actuel, la marge de manœuvre de votre adjoint aux finances et de vos collaborateurs est particulièrement réduite.
Des recettes de fonctionnement en baisse, notamment les produits des jeux et la taxe additionnelle des droits de mutation, vous contraignent enfin à maîtriser vos frais de fonctionnement.
Vous voulez poursuivre en ce sens, et c’est bien, mais alors, pourquoi les avoir laisser exploser de 2001 à 2008 (187 millions d’euros en 2001 à 231 millions d’euros en 2008 puis 222 millions d’euros en 2010)
Par contre, comment être d’accord avec vous qund vous parlez dans cette délibération, et je vous cite, de la façon éclatante dont vous gérez la dette.
Pour être éclatante, elle est éclatante. 147 millions d’euros en 2001 à 311 millions d’euros aujourd’hui.
20 ans pour rembourser, là où 8 à 10 ans sont un maximum pour une gestion saine.
Des emprunts in fine que vous n’avez pas réellement provisionnés et dont il faudra rembourser l’intégralité du capital en 2013 2014 2015 2016 2017.
Mais c’est vrai, vous avez décidé de ralentir la machine infernale. J’espère que notre présence dans ce conseil et la commission d’évaluation de la dette n’y sont pas étrangères.
Pour ce qui est des investissements, comme cette année, ils sont beaucoup plus faibles par rapport à vos fastes années : 53 millions d’euros aujourd’hui quand ils étaient de 83 millions en 2005 et en 2007.
Peu de nouvelles réalisations notables et encore des milliers d’euros de frais d’études, avec par exemple, près de 500 000 euros de frais d’études pour le futur centre aquatique ajoutés aux 5 millions d’euros de frais d’études déjà payés, et dire que vous avez posé la première pierre avant les élections municipales de 2008…à ce tarif vivement la pose de la deuxième pierre.
5,5 millions de frais d’études pour une piscine, un coût en étude largement supérieur à bien des réalisations dans toutes les communes de France.
Mais ce qui est le plus grave à notre sens, c’est la manière dont vous financez ces investissements, car en dehors de votre recherche active de financements, ce que nous reconnaissons bien volontiers, vous continuez pour tenter d’équilibrer votre budget la vente en rafale du patrimoine communal.
Je voudrais d’ailleurs connaître le détail de cette somme de 16 millions 419 800 euros en produits de cession que vous avez inscrite et sur laquelle nous émettons de sérieux doutes quant à la sincérité.
En dehors de ces réserves, ce budget n’est pas un mauvais budget en lui-même. Il est malheureusement la conséquence de la folie des grandeurs dont vous avez fait preuve pendant toutes ces années.