Intervention Henri CERAN, Conseiller municipal de Cannes, groupe Gagner Pour Cannes
Délibération : tarification des espaces du Palais des Festivals et Congrès 2012
Monsieur le Maire, nous nous abstiendrons pour cette délibération.
En effet, cette décision d’augmenter de 2% les tarifs de la SEMEC démontre bien, si cela était encore nécessaire, la différence entre notre vision stratégique sur le développement économique et touristique de la ville de Cannes et votre politique actuelle.
Nous considérons que le Palais de festivals est le moteur essentiel du développement touristique de la ville et qu’à ce titre la SEMEC (Société d'Economie Mixte qui gère le Palais) se doit de mener une politique tarifaire compétitive. Ceci afin qu’elle puisse lutter efficacement, dans un contexte où la concurrence est vive et où les clients sont plus motivés par le montant de la facture, que par les attraits de la destination, notamment pour les évènements d’ entreprise dont les budgets ont fondu avec la crise.
La directrice commerciale de la SEMEC a raison lorsqu’elle souligne l’existence d’ « une nouvelle concurrence, avec de nouveaux espaces et des tarifs super attractif ».
Ce n’est donc pas en relevant les tarifs de la SEMEC, même de 2%, que vous arriverez à attirer de nouvelles manifestations et à améliorer le chiffre d’affaires des locations d’espaces du Palais.
Rappelons qu’en 2010 il était inférieur à celui de 2001 et ceci, malgré l’augmentation de 40% des surfaces à commercialiser et un relèvement tarifaire de 8% sur cette période.
Quant aux nouveaux congrès et salons annoncés pour 2012 :
- le « salon du Chocolat » qui se tenait à Antibes est un salon local sans nuitées,
- le « salon Heavent », un satellite pour la région sud, du salon principal qui se déroule à Paris en Novembre est bien un salon régional avec peu de nuitées.
- Le «Business Airport », dont l’organisateur Tony Robinson revient a Cannes , ce dont je suis ravi. Il avait quitté Cannes en 2002 après avoir organisé plusieurs éditions de « Passenger Terminal Expo ». Cette manifestation en février est un bonne chose mais ses retombées économiques s’annulent avec le départ de « Gartner », présent depuis 1994, à Barcelone.
- Il reste la convention Mac Donald 600 pax c’est peu…..
Après la petite embellie de 2011, le planning de 2012 est bien vide.
N’oublions pas que les activités liées au tourisme représentent 45% des emplois du bassin Cannois, que le taux de chômage a fortement augmenté entre 2008 et 2010, et qu’il est de votre responsabilité que ces emplois perdurent et se développent.
Votre décision est d’autant moins appropriée qu’elle va entrainer un surcoût pour la ville de plus de €120. 000 sur les 6 millions versés à la SEMEC pour les locations d’espaces des manifestations qui bénéficient de l’intérêt général..
Un rappel pour conclure sur les incongruités du rapport d’orientations budgétaires .
Nous sommes d’accord, la ville de Cannes est effectivement la 2ème ville française pour les salons professionnels, mais cette invention de 1ère ville de France pour le « business to business » est tout simplement ridicule, car c’est un classement qui n’existe pas. Vous seriez d’ailleurs bien en peine de citer la deuxième ville, Paris peut être …
Monsieur le Maire vous le savez bien, en marketing, le business to business s’applique uniquement aux relations commerciales inter entreprises et organisations, dans ce cas les seules manifestations concernées sont les marchés et salons professionnels déjà cités précédemment.
Par ailleurs, Cannes n’est pas la deuxième ville de congrès de France .
Je rappellerai que, pour les Congrès internationaux, la ville de Cannes était en 2009 classée par ICCA au 288ème rang mondial avec Beyrouth, Ouagadougou , Ho Chi Minh city et Saint Malo, largement devancée par Marseille, Lyon, Nice, Strasbourg, Paris.
Concernant les évènements d’entreprise il n’y a aucun classement officiel.
La ville de Cannes est une exception française grâce au Festival du Film et à ses salons professionnels internationaux.
Il est franchement inutile et dérisoire de vouloir lui attribuer des titres immérités, qui de plus la décrédibilise.