Intervention Annick LACOUR, Conseiller municipal de Cannes, Groupe Gagner Pour Cannes
Délibération : analyse de l'Agenda 21
La conférence de Durban qui vient de s’achever nous montre que les Etats sont moins préoccupés de l’avenir de la planète, que des crises financières et économiques. Essayons de ne pas les imiter. Ce document, est fondé sur une réelle concertation que nous apprécions.
Néanmoins, il nous fait penser à l’auberge espagnole où se côtoient l’excellence et le dérisoire. En fait la problématique réside dans la proportion de l’un et de l’autre et l’urgence de certaines décisions.
Le premier bilan de 2008 affiche la note A+. Rappelons, par souci d’objectivité, que la note A+ n’est qu’une note moyenne ; la note AAA étant la meilleure.
Loin d’entreprendre une analyse juxtalinéaire de ce rapport, nous avons limité notre regard à deux axes essentiels :
- L’environnement et la qualité de vie
- La cohésion sociale et la solidarité.
Nous aborderons tout de suite les problèmes environnementaux
Précisons d’abord que le taux de CO2 est, à Cannes, plus élevé que la moyenne France. Aussi nous pouvons regretter que les transports, responsables de 45% des émissions de carbone de notre ville, n’aient pas induit, plus tôt, des décisions et des actions généralisées, malgré le projet intéressant du BHNS.
Le réseau de pistes cyclables nous paraît nettement insuffisant, et les voitures électriques mises à la disposition des cannois relèvent encore de la fiction. La marche à pied, pour sa part, reste un parcours du combattant dans certaines artères de la ville où la Charte des Terrasses n’est pas toujours respectée.
Quant à l’énergie solaire, malgré quelques débuts prometteurs, elle reste manifestement sous exploitée. La moitié du chauffage collectif de Cannes est pratiquement assuré par le gaz, énergie fossile de plus en plus chère, (contre 36% en France).
En relation avec les déplacements, les pollutions sonores des deux roues qui réveillent chaque nuit la moitié de la ville. Nous pensons qu’elles devraient faire l’objet de contrôles plus fréquents. Il en va de même des véhicules de nettoiement et de l’hélistation lorsqu’elle aura atteint son seuil de rentabilité.
La qualité de vie passe aussi par une gestion modérée et raisonnée de l’espace urbain. Or, le nombre d’immeubles qui s’élèvent, par exemple à La Bocca ou sur la pointe Croisette, avec pour conséquence une densification croissante, sont en complet décalage avec l’image d’une « ville jardin «, très bon slogan publicitaire, au demeurant !
Pour autant nous plébiscitons le parc écologique de la vallée de la Siagne.
D’autre part, nous prenons acte, dans votre commentaire du ROB, que vous accorderez enfin la priorité à trois objectifs: la protection, le réensablement des plages et la dépollution des fonds marins, objectifs que nous avons inlassablement défendus depuis 2008.
Nous sommes, nous aussi, en colère quand nous voyons les plages privées, mais aussi les plages publiques, pour la plupart livrées sans défense aux tempêtes. Nous sommes convaincus que les plages privées ont un rôle important à jouer dans l’économie locale, et il faut les protéger. Nous espérons que le temps fournira sur le long terme, la preuve de la fiabilité de la nouvelle digue géotextile. Quant aux plages de La Bocca, il faudra bien un jour trouver des solutions pérennes pour leur sauvegarde, ou, plus exactement, leur résurrection. Nous aimerions que dans le cadre du budget, vous accordiez la priorité à ces financements.
Le deuxième axe de notre intervention porte sur la cohésion sociale et les solidarités.
Si vos actions pour la jeunesse, les seniors et les handicapés nous semblent plutôt positives, surtout lorsque la culture en est le lien, nous persistons à estimer que l’installation d’un hypermarché au cœur de Ranguin, pôle d’excellence de l’hyperconsommation, n’est pas le meilleur moyen de créer du lien social. De même l’opération immobilière de la ZAC Maria, bel exemple, sans doute, d’éco quartier, ne génèrera pas la mixité sociale attendue, faute d’un complexe cinématographique et culturel que nous avions préconisé.
N’oublions pas que Cannes, contrairement à sa renommée de ville riche, n’est pas une ville de riches. Elle affiche un taux de chômage plus élevé que la moyenne française et 80% de la population cannoise, si l’on en croit vos chiffres , sont éligibles au logement social.
C’est dire que la disparité entre les groupes sociaux est plus criante que dans d’autres cités. Cette disparité s’inscrit d’ailleurs dans la fracture géographique et sociale qui sépare Cannes de La Bocca. Nombre de boccassiens, rencontrés dans notre permanence, ont le sentiment, à tort ou à raison, d’être moins favorisés.
Vous semblez croire que votre politique des quartiers résoudra les problèmes de cohésion sociale et de qualité de vie. Certes, elle est nécessaire mais pas suffisante. Dans tous les cas elle représente un magnifique quadrillage de la cité.
Pour autant, nous reconnaissons que, lors du deuxième mandat, vos initiatives de réunions publiques ont tenté de sensibiliser la population à une meilleure qualité de vie, et nous vous approuvons. Il n’en reste pas moins qu’un long chemin reste à parcourir, notamment dans la pratique de la démocratie que vous invoquez si souvent. Nous en voulons pour exemple le Conseil Municipal des Jeunes. Pourquoi priver ce dernier, dans son pilotage, du respect du pluralisme et de la dialectique majorité/opposition ?
C’est à l’aune de ces considérations que nous évaluerons, en 2014, l’évolution de votre politique, en souhaitant que la réalité soit à la hauteur de votre sens de la communication.