Rénovation du Marché de la Bocca : Intervention de Philippe TABAROT
Après 10 ans, vous vous êtes enfin attaqués au marché de la bocca.
On ne peut que se réjouir de cette décision puisqu à notre sens c’était la priorité d ‘une action cohérente et efficace sur la bocca
En effet, quelle que soit leur pertinence, les projets d’aménagements ne devaient pas se faire en périphérie de ville sans commencer par le cœur même de la bocca.
C’est pourquoi nous avons toujours regretté que bastide rouge ou cœur de ranguin soit à vos yeux prioritaire.
Pour autant, le projet présenté aujourd’hui n’est pas à la hauteur des enjeux en effet c’est aujourd’hui l’avenir de la bocca qui se joue.
Alors c’est bien de démolir la halle existante, le kiosque ou le local du placier mais à notre avis c’est l’ensemble du centre de la bocca qui doit être réaménagé.
C’est cette verrue que représente la poste actuelle qui doit tomber tout en étant reconstruite à proximité.
C’est un parking souterrain qui doit être réalisé pour régler le problème récurrent du stationnement.
C’est enfin l’ouverture de pierre Semard à la mer qui doit être remise à l’ordre du jour et non pas repoussée pour des raisons budgétaires car il est impensable d’apprendre aujourd’hui que vous ne trouvez plus 10 millions d’euros pour financer le projet Pierre Semard alors qu’à l’époque vous aviez un projet de deux fois deux voies évalué à 100 millions d’euros.
Il faisait parti de vos rêves les plus fous comme d’ailleurs celui d’enterrer la voie ferrée sous la croix des gardes.
Pour conclure, la bocca mérite mieux que cela et les boccassiens nous le disent tous les jours à notre permanence.
Ils ne s’intéressent pas à vos projets commerciaux en périphérie et souvent inaccessibles pour eux mais veulent des aménagements à taille humaine qui leur rappellent la bocca qu’ils ont connue et aimée.
Les frais d'études du Centre Aquatique : intervention de Philippe TABAROT
Les Cannois avaient il y a 10 ans déjà un besoin urgent d’avoir une piscine supplémentaire adaptée à leurs besoins.
Une piscine supplémentaire permettant de libérer des créneaux pour les sportifs, les clubs, les élèves et les familles alors que les travaux de modernisation de la piscine des Oliviers ne donnent pas entière satisfaction, que le projet montfleury avance tout doucement et que celle du Palm Beach ne reverra pas malheureusement le jour dans l’immédiat.
Nous souhaitons vivement tout comme vous qu’une nouvelle piscine sorte de terre.
Malheureusement, sur ce dossier, les Cannois font face aux errements de votre gestion.
Depuis les grandes promesses de 2001, nous sommes toujours en 2011 au stade du projet d’un centre aquatique.
Vous avez présenté les plans, posé à la hâte la première pierre, la veille de l’élection municipale de mars 2008.
Vous prévoyez une fin des travaux en 2014, le lendemain des prochaines élections municipales.
Et puis, nous avons la confirmation que ce projet coûte déjà très cher, trop cher.
Les désormais tristes et célèbres 5,5 millions d’euros de frais d’études qui m’ont été confirmés en commission des finances pour une piscine qui n’a toujours pas vu le jour, ont bien été dépensés, je dirai même gaspillés (contrairement à toutes les allégations que l’on a entendues ici ou là).
5,5 millions d’euros de frais d’études, déjà dépensés, alors que votre majorité avait stigmatisé en son temps le projet de votre prédécesseur, l’ambassadeur Maurice DELAUNEY, dont le coût pour un projet fini était de 7 millions d’euros.
5,5 millions d’euros de frais d’études, alors que pour cette somme, une autre piscine peut-être plus modeste mais pour le moins utile aurait pu voir le jour à Cannes et remplirait de satisfaction les Cannois.
5,5 millions d’euros de frais d’études pour une structure surdimensionnée, qui bien qu’elle fut amputée de nombreux gadgets dignes d’une fête foraine, a été depuis réévaluée à plus de 19 millions d’euros
5,5 millions d’euros de frais d’études pour un centre aquatique qui va générer de gros frais de fonctionnements, dont nous aimerions connaître le chiffrage exact, pour donner aux Cannois la totale vérité sur ce projet.
A titre de comparaison, sur la Bocca, les seuls frais d’études dépensés représentent le coût total de la construction de la Maison de Service publics de Ranguin ou encore une somme supérieure à la construction de la salle culturelle des Arlucs à la Bocca.
C’est bien triste, édifiant et malheureusement un exemple à l’échelon national du gaspillage d’argent public.
Approbation des comptes administratifs : intervention Olivier VASSEROT
Nous venons d’entendre un exposé très complet pendant plus de trente minutes nous a rappelé les détails de la politique menée par la municipalité l’an passé, même si, comme l’a lui-même souligné M. le Premier adjoint, ce n’est pas l’objet essentiel d’une délibération sur le Compte Administratif qui a davantage un aspect de contrôle du respect comptable des engagements pris lors du Budget Provisionnel.
Néanmoins je me placerai moi aussi sur le même plan, celui de la politique générale de la majorité, en répondant dans ce qui est plus une explication de vote qu’une question.
Nous ne voterons pas le Compte Administratif, comme nous n’avions pas voté le Budget primitif. Pourquoi ? Parce que justement, nous n’approuvons pas la politique menée par la municipalité et qui transparaît derrière ces chiffres.
Cela dit, je rappelle que nous ne sommes pas dans une opposition systématique, les Cannois s’en rendent compte. Ainsi, dans cette séance même il y a des actions qui vont dans le bon sens et que nous soutiendrons : je pense au futur Centre Universitaire de La Bocca, à certaines actions en faveur du logement ou de la protection de l’environnement.
Mais pour le reste, notre opinion est que la majorité, d’ailleurs assez curieusement, est à la fois championne du surplace et au Hit-Parade de l’endettement.
Championne du surplace avec des projets importants pour la vie des Cannois mais qui n’avancent pas : la Plaine des sports, la Cité du cinéma, le réaménagement des Allées, celui de l’îlot Saint-Louis, l’entrée de la Bocca, le projet Pierre Sémard qui après avoir été rêvé en grand, passe brutalement à la trappe…
Et au Hit-parade de l’endettement : même si celui-ci a légèrement diminué en 2010, il a quand même plus que doublé depuis 2001, alors qu’à l’époque son montant avait, selon l’expression si à la mode, « indigné » l’actuelle majorité. Rappelons tout de même les chiffres : • 146 millions d’euros en 2001, • 315 millions d’euros en 2008, • 302 millions d’euros en 2010.
Soit encore aujourd’hui, plus de 4.000 euros par habitant, c’est-à-dire plus du double du chiffre des communes comparables.
C’est sûr que quand on dépense en frais d’étude, baptisés pompeusement « prestations intellectuelles » 7,5 millions d’euros pour le futur Centre aquatique et l’aménagement de la Croisette ou encore 4,6 millions d’euros pour l’hélistation, avec le succès que l’on sait, on aboutit à une politique : • mauvaise au niveau des choix, • défaillante au niveau de l’exécution, • coûteuse au niveau des conséquences.
Quant au second volet du Compte Administratif, le fonctionnement, la situation n’est pas plus brillante.
Certes le compte « Charges générales baisse de 2 % : bravo !… Mais après avoir augmenté de plus de 20 % depuis la prise de fonctions de l’actuelle majorité et il représente encore 3.900 euros par habitant, contre 1.900 euros pour les communes de même catégorie.
Même constat pour les dépenses de personnel : si elles restent stables par rapport à 2009 avec également une diminution des effectifs, n’oublions pas que ce budget en 10 ans est passé de 70 à 100 millions d’euros.
En ce qui concerne les recettes de fonctionnement dont la municipalité se glorifie de la hausse de 10%, son origine principale est à rechercher dans une politique massive d’urbanisation qui permet à la municipalité d’enregistrer une hausse des rentrées de la taxe d’habitation. Mais à quel prix ? Aujourd’hui en termes de destruction d’espaces verts et, demain, en termes d’équipements indispensables qui pèseront lourdement sur les budgets à venir.
Mais comme ce supplément de recettes ne suffit pas à la majorité en place, elle continue de vendre le patrimoine cannois, ce qui se cache sous le vocable pudique de « produits exceptionnels » qui bondissent de + 265 % par rapport à 2009 !
Tout ceci alors que, concrètement, sur des secteurs comme la propreté, la sécurité ou la circulation, les résultats restent, comment dire… « améliorables ».
En conclusion, les conditions de réalisation de la politique municipale aggravent encore les orientations contestables de celle-ci. Ni la forme, ni le fond en quelque sorte. Si c’était possible, nous voterions deux fois contre le compte administratif présenté par la municipalité, mais après cette intervention, je pense qu’une fois suffira !
La ZAC Maria : intervention Annick LACOUR
Dans cette délibération, l’un des points sans doute les plus préoccupants est la gestion des eaux pluviales dans un quartier qui souffre périodiquement des débordements désordonnés des eaux de la Foux. Il y a peu de temps encore, la municipalité défendait l’évidente nécessité d’un bassin de rétention de 6.000 m3 et, aujourd’hui, elle le réduit à 1.000 m3, sans fonction de traitement particulière. On se reportera utilement à la délibération du SIAUBC du 24 mars 2011, jointe à ce dossier.
Mais alors quid de la problématique « inondation et pollutions » du reste du secteur ? Les riverains du quartier ne demandent pas une solution qui se limite aux frontières de la ZAC. Ils ne peuvent plus attendre et scruter le ciel à chaque orage en craignant d’être envahis par les eaux.
En définitive, tout se passe à présent comme si la municipalité se bornait à traiter la sécurité hydraulique de la ZAC indépendamment de son environnement naturel qui est le vallon de la Foux.
Aussi, nous nous permettons encore une fois d’insister sur l’urgence de travaux à réaliser autant en aval qu’en amont, avec notamment le recalibrage ou le dévoiement des collectes d’eaux pluviales que la municipalité a déjà évoqué dans la délibération 19 pour la rue Merle, mais qui devra être prolongé sur l’ensemble du quartier, et pas seulement en aval. Quelles sont les raisons qui empêchent la municipalité de passer à l’acte ?
Quant à « la liaison cohérente entre les quartiers populaires de Cannes et le secteur très résidentiel de la Californie » évoquée dans cette délibération, cette ZAC, avec une densification supplémentaire n’était, à notre avis, pas le meilleur moyen de résoudre ce problème. Nous aurions nettement préféré voir à cet endroit un centre culturel polyvalent, avec un complexe cinématographique qui aurait drainé une clientèle des quartiers environnants et contribué ainsi à la mixité sociale et à la valorisation de cette partie du nord de la voie ferrée.
Malheureusement, la décision de la municipalité est prise et si nous l’accompagnons dans ce projet, il faut bien comprendre que ce n’est pas pour lui donner un blanc-seing, mais pour limiter les dégâts d’une opération immobilière qu’elle nomme « requalification du centre-ville », mais que nous, nous considérons comme une erreur urbanistique.
Enfin, l’aménagement du terrain dans son environnement offre aussi matière à perplexité. Dans l’annexe 2 à l’avenant n°1 nous pouvons lire cette phrase savoureuse : Il s’agit de « concevoir ce nouveau quartier comme un parc public, petit poumon vert du quartier Prado République »…
On touche ici du doigt ce que la magie des mots peut engendrer dans l’imaginaire… Combien d’arbres auront-ils été abattus, au regard de cent-cinquante-deux nouvelles plantations ? Nous sommes encore loin de la forêt amazonienne !
Les cèdres et les eucalyptus vont être remplacés par une poignée d’arbrisseaux et quelques arpents de pelouse qui, nous le savons tous, ne neutraliseront pas les pollutions environnementales de 2.000 m² de commerces, 270 logements et 400 véhicules supplémentaires. Tel sera notre futur poumon vert …qui l’espace d’une délibération, nous a fait rêver des Jardins du Généralife.
A venir dans une prochaine lettre d'info, l'intervention de Paul SIMONET, Conseiller municipal de Cannes, sur la commission du tourisme